Publié le 07 Aug 2019, à 13:02

La Tunisie de plus en plus dépendante des importations énergétiques, selon un récent rapport de l'ETAP

Le taux d’indépendance énergétique qui représente le ratio des ressources disponibles en énergie primaire par rapport à la consommation, s’est détérioré en passant de 95% en 2010, à 51% en 2017 et à 48% en 2018, a indiqué l'Entreprise Tunisienne d'Activité Pétrolière (ETAP), dans son rapport annuel 2018, publié récemment.

L’aggravation du déficit énergétique s’explique par la baisse des ressources disponibles en énergie primaire de 4,6% (pétrole & condensat -1,8%, GPL -7% et gaz naturel -6,4%), d’une part, et la hausse de la consommation d’énergie primaire de 1,4% (gaz naturel +3% et produits pétroliers -0,2%), d’autre part, apprend-on du même rapport.

La part du déficit énergétique par rapport au déficit commercial du pays est passée de 5,8% en 2010 à 32,4% au cours de l’année 2018. Ceci peut affecter la balance des paiements et par conséquent les avoirs en devises et la valeur de la Monnaie tunisienne.

Selon la même source, la subvention énergétique ne cesse de grimper au cours de la présente décennie. Cette subvention, multipliée par 5 en 2018 par rapport à 2010, a vu sa part dans la subvention totale augmenter de 37% en 2010 à 55% en 2018, avec un pic pour l’année 2013 de 68%.

L'ETAP reconnait, par ailleurs, que la subvention énergétique, qui ne bénéficie aux couches nécessiteuses qu’à raison de moins de 20%, s’effectue au dépend des subventions plus urgentes (santé, produits de base, etc.) ou des dépenses de développement régional, d’investissement public et d’emploi.

Face à cette situation, les auteurs du rapport estiment que les remèdes classiques adoptés, et qui consistent à des augmentations successives des prix (carburant, électricité, etc.), pour atténuer ce déficit se sont avérés, non seulement inefficaces, mais plutôt sources de troubles sociaux qui peuvent affecter la paix sociale.

De ces faits économiques et sociaux, la maitrise du déficit énergétique est devenue, selon le rapport, une nécessité plutôt qu’un choix, ceci n’est possible qu’à travers la détection de son ampleur ainsi que ses origines, et d’apporter les solutions appropriées.