Publié le 27 Feb 2020, à 16:41

Les nouveaux membres du gouvernement prêtent serment devant le président de la République

Malgré de longues et difficiles gestations et les embûches qui ont entaché le processus de formation du gouvernement, l'Etat et ses institutions ont continué à travailler normalement, s'est félicité le président de la République Kais Saied.

Présidant jeudi la cérémonie de prestation du serment constitutionnel des nouveaux membres du gouvernement au Palais de Carthage, Kais Saied a fait observer que pendant que les débats se prolongeaient à l'hémicycle du Bardo, tard dans la nuit de mercredi à jeudi, les institutions publiques fonctionnaient normalement.

Et d'ajouter, " Parfois, la gestion des affaires publiques n'a pas été facile et la situation était par moment inquiétante, ce qui n'a pas empêché, pour autant, le fonctionnement ordinaire de l'Etat".

Sur un autre plan, le président de la République a qualifié les concertations sur la formation du gouvernement de "pénibles" en l'absence d'une majorité claire et en raison du mode électoral des plus forts restes qui a engendré l'architecture actuelle du parlement.

Il a rappelé les centaines de réunions organisées dans le cadre des concertations dont certaines n'ont pas été couvertes par les médias et se sont déroulées tard dans la nuit dans le souci de hâter la formation du gouvernement.

L'objectif consistait, depuis la première réunion organisée dans ce sens, à trouver un accord sur un programme clair et non de se partager les portefeuilles ministériels, a-t-il indiqué.

Kais Saied a insisté sur la continuité de l'Etat. Un concept qui n'est ni étranger ni nouveau pour le pays, a-t-il relevé, affirmant que le danger réside dans l'absence de la cohabitation pacifique. Pour lui, la démocratie n'a pas de sens sans alternance pacifique au pouvoir.

Le président de la République a tenu à préciser que contrairement à ce qui a été avancé par certains élus lors de la plénière de vote de confiance, ce gouvernement est celui d'Elyès Fakhfakh. Des députés avaient attribué à ce dernier la qualité de premier ministre plutôt que celle de chef du gouvernement.

Le président de la République a par ailleurs souligné la nécessité de distinguer entre stabilité gouvernementale et stabilité politique. Il a fait observer, dans ce sens que la stabilité est politique par définition.

La crise a-t-il encore dit, n'est pas une crise de pouvoir et ne concerne pas des questions constitutionnelles, c'est une crise de tout un système. Les changements opérés partout dans le monde y compris en Tunisie, ont accordé à la société civile une place prépondérante dans les sociétés.

Et d'ajouter que malgré la crise qu'a connue la Tunisie, il n'a eu recours qu'aux lois et à la Constitution.

« Les attentes et les espoirs du peuple sont énormes et personne n’a le droit de le décevoir » a prévenu Kais Saied, soulignant que les défis les plus importants concernent les situations économiques et sociales, la pauvreté, la misère et l'absence de perspectives.

« C’est la bataille que doit mener la Tunisie » a-t-il estimé.

Le président de la République a également abordé la question de la corruption comme étant une priorité qu’il faudrait impérativement combattre.

« Il faut éradiquer à ce fléau qui s’est répandu partout et dans tous les secteurs. C’est une bataille de longue haleine, pénible mais le destin de la Tunisie c’est de vaincre ».

Conformément aux dispositions de l’article 89 de la Constitution, Elyès Fakhfakh et son équipe gouvernementale ont prêté serment au palais de Carthage devant le président de la République Kais Saied.

Dans les premières heures du jeudi et aux termes de près de 16 heures de débats houleux, les députés ont accordé la confiance au gouvernement Fakhfakh avec 129 voix pour, 77 voix contre et une seule abstention.